Actu défense du 30 janvier 2026

Le général de division aérienne Vincent CHUSSEAU, lors du point presse du 29 janvier 2026.

Ce jeudi, lors du point presse à Balard, le général de division aérienne Vincent Chusseau, commandant de l’Espace, a détaillé les enjeux de cette montée en puissance. Face à la multiplication des menaces, la France veut renforcer la protection de ses satellites et préserver sa liberté d’action.

Spartex, un entraînement grandeur nature à la guerre spatiale

Du 8 au 27 février 2026, l’exercice SparteX réunira à Toulouse des militaires français et étrangers pour simuler, en conditions proches du réel, une crise majeure dans l’espace. Satellites brouillés, communications perturbées, menaces orbitales : les participants devront faire face à un environnement volontairement dégradé. Articulé avec l’exercice interarmées Orion, SparteX permet d’intégrer pleinement la dimension spatiale dans un scénario de conflit de haute intensité. Il s’agit de tester la capacité des armées à continuer à commander, renseigner et manœuvrer malgré des attaques visant leurs systèmes orbitaux. « L’enjeu est de préserver la capacité d’appui spatial nécessaire au succès des opérations », résume le général Vincent Chusseau.

L’espace, devenu indispensable aux armées

Aujourd’hui, les opérations militaires reposent largement sur les satellites. Observation, communications, navigation : sans eux, les armées perdent en efficacité. « L’espace est devenu à la fois un levier de puissance et un nouveau champ de conflictualité. Il est indispensable à nos sociétés comme à nos opérations militaires », rappelle le général. « Nos satellites d’observation, de communication et de navigation conditionnent notre capacité à voir, décider et agir. »

Des menaces de plus en plus nombreuses

Depuis plusieurs années, l’espace est devenu un terrain de rivalités. Brouillages, cyberattaques, satellites espions, tirs antisatellites : les comportements hostiles se multiplient. « Les actions malveillantes se développent depuis 2017 et se sont renforcées depuis 2022 », constate Vincent Chusseau. « L’espace est désormais un milieu de conflictualité à part entière, au même titre que la terre, la mer, l’air et le cyber. » Le conflit en Ukraine illustre cette évolution, avec des attaques répétées contre les systèmes de navigation.

Un commandement dédié depuis 2019

Pour faire face à ces défis, la France s’est dotée en 2019 d’un Commandement de l’espace. Installé à Toulouse, sur la base aérienne 101, il regroupe aujourd’hui plusieurs centaines de spécialistes. En novembre 2025, il a franchi une étape importante avec la déclaration de sa première capacité opérationnelle. « Sans capacités spatiales résilientes, nos opérations terrestres, navales et aériennes seraient compromises », prévient le général.

Investir pour rester dans la course

Face à la montée des tensions, les armées accélèrent leurs investissements. Près de six milliards d’euros sont déjà inscrits dans la loi de programmation militaire. « La guerre de demain peut être perdue dans l’espace. C’est pour cela que la France renforce sa défense spatiale », insiste Vincent Chusseau. Les efforts portent sur la surveillance orbitale, les systèmes d’alerte, les constellations en orbite basse et les capacités de commandement. Objectif : « renforcer notre souveraineté et notre autonomie d’appréciation de situation ».

Coopération et souveraineté, deux priorités

La France mise aussi sur la coopération internationale, notamment au sein de l’opération Olympic Defender. Cette opération, initiée en 2013 par les États-Unis, regroupe sept nations partenaires, dont la Grande Bretagne, le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, l’Allemagne et la France. Elle a pour but de renforcer la coopération opérationnelle dans le domaine spatial, l’interopérabilité et la compréhension partagée de l’environnement spatial par de l’échange de données afin de mieux défendre nos capacités. Une coopération qui « démontre notre crédibilité opérationnelle et notre interopérabilité ».