Service national : les candidatures sont ouvertes

Devant un parterre de 75 journalistes réunis à Balard, la ministre des Armées et des Anciens combattants, le chef d’état-major des armées ainsi que les chefs d’état-major des trois armées ont lancé la campagne de recrutement pour le service national. Volontaire et militaire, celui-ci accueillera un premier groupe de 3 000 jeunes dès septembre prochain.
Au pupitre, la ministre des Armées et des Anciens combattants, Catherine Vautrin, assume d’emblée la nature du dispositif : « Le président de la République a annoncé, le 27 novembre dernier, l’instauration d’un service national rénové volontaire, purement militaire d’une durée de 10 mois. » Un engagement qui entre aujourd’hui dans sa phase opérationnelle : « Nous ouvrons le recrutement de la première cohorte de jeunes volontaires qui vont rejoindre nos armées. »
Pensé comme une année d’engagement utile, il constitue, estime la ministre, une expérience unique, « un engagement concret, dans un cadre militaire, avec un statut d’appelé du service national. Pendant près d’un an, donner tout son temps pour servir la nation, pour être utile à la nation en contribuant à des besoins opérationnels clairement identifiés par nos armées. »
La ministre a également insisté sur un point structurant : aucun diplôme n’est requis pour candidater. Tous les jeunes de 18 à 25 ans peuvent se porter volontaires, la sélection reposant sur des critères assumés : « Motivation, aptitude médicale et adéquation entre un profil et le besoin de nos armées. » Un dispositif qui s’inscrit « dans une évolution de long terme vers un modèle d’armée plus hybride. » Catherine Vautrin précise que la jeunesse n’est pas une découverte pour nos armées : chaque année, celles-ci recrutent près de 35 000 jeunes. « Notre jeunesse a soif d’engagement. Il existe une génération prête à se lever pour la patrie, et notre armée est le cadre naturel d’expression de ce besoin de servir. Ne demandons pas comment elle peut être utile à la Nation : offrons-lui un idéal, et en même temps la liberté de servir », a conclu la ministre.
Un engagement pleinement intégré aux forces
Le service national s’inscrit directement dans les missions confiées aux armées sur le territoire national, en métropole comme en outre-mer. Les jeunes volontaires ne sont ni observateurs ni figurants, mais intégrés au fonctionnement quotidien des unités.
Le chef d’état-major des armées, Fabien Mandon, l’a rappelé : « Faire le choix du service national, c’est participer à la protection des citoyens de notre pays dans un environnement dont on a montré qu’il était incertain. » Les appelés occuperont une place identifiée au sein des forces, « ils seront des maillons entiers de nos armées. Ils seront pleinement intégrés dans les unités des forces. » Avec des exigences identiques à celles des militaires d’active. « Ils vont donc vivre pendant 10 mois selon les règles qui s’appliquent à tous les militaires. »
Dans l’armée de Terre, servir comme soldat à part entière
Avec 1 800 appelés accueillis dès 2026, l’armée de Terre constituera le principal contingent du service national. Elle proposera des missions au plus près du terrain et des réalités opérationnelles. Son chef d’état-major, le général Pierre Schill, l’a rappelé sans ambiguïté : « Le jeune qui rejoindra l’armée de Terre servira sans distinction par rapport à un soldat d’active. »
Les missions proposées couvriront un large spectre de métiers : « Télépilote de drone, sapeur du génie, cavalier blindé, mécanicien, fantassin… » Il s’agit de leur faire découvrir la vie de ceux qui portent les armes de la France, précise le général, « de s’entraîner avec eux, de s’engager avec eux sur le territoire national, et, en un mot, de servir comme soldat à part entière pour mieux servir notre pays. »
Marine nationale : protéger les approches et appuyer la nation
La Marine nationale intégrera 600 appelés dès l’été 2026, à terre comme en mer. Les missions confiées s’inscrivent dans le quotidien opérationnel de la Marine, notamment en matière de surveillance maritime, de protection des approches et d’assistance aux populations. Son chef d’état-major, l’amiral Nicolas Vaujour, en a résumé l’esprit : « Il s’agit bien de donner à la fois un cadre, donner du sens, donner une mission. » Les appelés pourront être engagés dans « des missions embarquées […] pour venir en aide à notre territoire national […] faire face aux intempéries, aux catastrophes naturelles. »
La Marine recherche également des profils techniques, notamment des mécaniciens, des électriciens ainsi que des spécialistes du cyber ou de l’intelligence artificielle, appelés à renforcer les unités à terre comme en mer.
Armée de l’Air et de l’Espace : au plus près de l’outil de combat
L’armée de l’Air et de l’Espace accueillera elle aussi 600 volontaires dès septembre 2026. Le parcours débutera par une formation militaire initiale en base aérienne, avant une affectation au sein des unités opérationnelles. Son chef d’état-major, le général Jérôme Bellanger, a précisé les objectifs de cette première phase : « Un premier mois pendant lequel ils vont apprendre la militarité […] découvrir les missions de la base aérienne. »
À l’issue de cette période, les appelés se verront confier des missions couvrant un large spectre de métiers opérationnels : « Protection-défense, contrôle aérien, cyber, lutte antidrogue, commandement de l’espace. »
