Actu défense du 28 juin 2024

« L’histoire de l’armée de l’Air et de l’Espace se distingue par l’audace de ses aviateurs », introduit la lieutenant Coline, historienne au Centre d’études stratégiques aérospatiales lors du point presse du ministère des Armées de ce 27 juin. Le 2 juillet 1934, l’installation de l’école de l’air à la Petite Écurie du château de Versailles marque la naissance de cette armée de la 3e dimension. Mais les aviateurs s’étaient déjà distingués dans les combats de la Grande guerre, lorsque l’aviation était encore considérée comme un sport. Des pilotes intrépides survolent alors les lignes de front pour accomplir leurs missions de reconnaissance et de bombardement ou pour combattre l’ennemi dans le ciel.

L’AAE est aussi une armée de records. En 1936, Maryse Bastié affronte une météo capricieuse pour traverser l’Atlantique Sud à l’aide d’une simple boussole et d’une carte. En 1944, Romain Gary, alors navigateur bombardier des Forces françaises libres, réussit à guider à sa seule voix le pilote de son avion, Arnaud Langer, rendu au trois quarts aveugle en plein vol à la suite d’une attaque allemande. « Ces anecdotes témoignent de trajectoires diversifiées et inédites d’aviateurs qui ont constamment repoussé leurs limites, soutient la lieutenant Coline. Ces récits ne sont pas seulement des fragments de l’histoire, ils sont le reflet d’une institution qui a su innover. »

90 ans d’engagement

Les aviateurs continuent à faire preuve d’audace, notamment dans les missions qui leurs sont confiées. C’est le message du porte-parole de l’AAE, le colonel Yann Malard. « Aujourd’hui, l’armée de l’Air et de l’Espace détient deux missions structurantes : la posture permanente de sûreté ou la police du ciel et la dissuasion nucléaire. Cette mission est assurée sans interruption par les Forces aériennes stratégiques depuis le 8 octobre 1964 », relève-t-il. La troisième mission : intervenir. Elle repose sur la capacité de projection rapide, à la fois pour porter assistance aux populations ou bien pour intervenir sur des théâtres d’opération.

Au moment de la prise de parole du colonel, la mission Pégase 24 se lançait. De nombreux avions de combat de dernière génération se sont envolés pour participer à différents exercices avec nos partenaires tout autour du globe : Arctic Defender en Alaska, Pitch Black en Australie puis Tarang Shakti en Inde. Projection de puissance et préparation pour la haute intensité : selon le colonel Malard, cet exercice démontre que « les aviateurs continuent d’être au rendez-vous des opérations, aux côtés de leurs frères d’armes, terriens et marins. »